La Cosmogonie dans l'Oeil de la Shamane

Diaporama

 LA COSMOGONIE DANS L’ŒIL DE LA  SHAMANE

 

Les shamanes (šamánka) redoutaient d’être photographiées parce qu’elles pressentaient que la magie de ces images  pouvaient capturer leur essence - cette dimension de l’être qui se situe dans une partie transcendante de la réalité et qui, pour ces femmes, ne peut être piégée dans une réalité unique.

Je viens d’une lignée de shamanes sibériennes. Et, dans cette tradition spirituelle, j’ai choisi d’être photographe. Ma transgression m’a permis de comprendre que c’est le Flux de la Vie (Le Grand Esprit) qui me cherchait et qu’il vivait dans mon regard. Être, c’est être perçu et les choses quand elles ne sont pas dans l’esprit de quelqu’un s’évanouissent dans l’univers.

Mes photographies ne sont pas uniquement symboliques, elles sont actives et c’est pourquoi aucune d’elles n’est retouchée. Chacune de mes images portent en elle une empreinte, la mémoire d’un état antérieur. Je me situe à la charnière du monde visible, incarné et d’une réalité non-visible, non manifestée. L’Éveil du regard est pour moi l’accès aux images internes d’une réalité qui se situe dans ce que les shamanes nomment l’Arrière Monde et qui est en fait un univers d’un potentiel infini. Un espace où la réalité renouvelle sans cesse sa propre Création.

Ainsi, la šamánka en moi peut agir dans un temps sans écoulement où l’esprit et la matière ne sont pas séparés. Elle dispose de chaque minute, de chaque seconde sans avoir à opérer un décompte. Elle discerne le spanda : la source du mouvement qui produit le processus de manifestation.  Elle réalise alors que ces vibrations subtiles, ces palpitations de l’univers, ces ondes de  forme ou formes d’onde qui précèdent la matière, que Tout Cela s’anime dans son regard : « Dans l’œil de la Shamane ».

 

 

 

 COSMOGONY IN THE EYE OF THE SHAMAN

 

Female shamans (šamánka) disliked being photographed in the fear that the magic of images could capture their essence, the dimension of the human being that lies in a transcendent layer of reality and that, according to these women, should not be trapped in a single reality.

I come from a line of Siberian shamans. In the continuity of this spiritual tradition, I have chosen to be a photographer. This transgression allowed me to understand that the Flow of Life - the Great Spirit - was looking for me, and that it was living in my eyes. To be is to be perceived, and unless they are in someone’s mind, things vanish in the universe.

My photographs are not just symbolic, they are active: this why they are never edited.
Each one of my images carries an imprint, the memory of a former state. I am at the hinge of the incarnate, visible world and the non manifest, non visible reality.   To me, the enlightened eye provides access to the internal images of a reality which lies in what shamans call the Back World, a dimension of infinite potential; a space where reality constantly renews its own Creation. 

Thus, the šamánka in me is able to act in a time that never runs out, where spirit and matter are not separate. She has every minute and every second at her disposal, without having to count the time. She perceives the spanda, the source of the movement at the start of the manifestation process. Then, she realises that those subtle vibrations, the pulse of the world, the wave forms that precede matter, that All This comes alive in her eye, “In the eye of the Shaman”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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